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Dominique Bordes, le franc-tireur de l’édition française


Avec sa maison Monsieur Toussaint Louverture, fondée en 2004, il a tout d’un cas à part : indépendant, installé dans la banlieue de Bordeaux, publiant moins d’une dizaine d’ouvrages par an, pour la plupart de gros pavés d’auteurs étrangers méconnus. Dernier pari en date : la sortie de la saga « Blackwater ».

L’index tombe sur les défauts comme un harpon. « Là, ça bave », soupire Dominique Bordes, décollant ses yeux bleus de la couverture du troisième tome de Blackwater, en cours de réimpression à l’imprimerie Print System de Bègles, en Gironde. Depuis plus d’une heure, une immense machine appelée Gietz FSA 790 tousse des essais de couverture, sans donner satisfaction. Ce matin d’avril, l’éditeur bordelais, en sous-pull et jeans noir, n’est pas loin de transpirer de l’encre.

« Mets un peu de chauffe », suggère Dominique Bordes, penché sur les entrailles de la Gietz, à l’employé chargé de l’impression. Retroussant son jogging pour se rafraîchir, Jean-Pierre Champmont s’exécute en souriant. « C’est le seul client capable de passer la journée entière ici, même un jour férié », raconte celui qui sait manœuvrer Dominique Bordes aussi délicatement que sa machine. Quand ­l’éditeur est loin, il lui envoie des photos des tirages toutes les heures, pour le rassurer.

A 44 ans, Dominique Bordes est le patron de Monsieur Toussaint Louverture, une maison d’édition indépendante installée à Cenon, dans la banlieue de Bordeaux. Fondée en 2004, elle publie entre six et dix livres par an, une paille comparée aux poids lourds d’un secteur de plus en plus concentré, où les petits doivent rivaliser d’audace pour rester à flot. Dans le milieu, Monsieur Toussaint Louverture s’est forgé une réputation à part, grâce à la fabrication méticuleuse de ses ouvrages et à ses trouvailles, des livres étrangers méconnus et souvent très longs – Bordes adore les pavés, « c’est dans mon ADN », dit-il.

Le Bordelais a réussi quelques jolis coups, comme le grinçant Karoo, de Steve Tesich (180 000 exemplaires vendus, poche compris), ou la bande dessinée Moi, ce que j’aime, ce sont les monstres, d’Emil Ferris (100 000 exemplaires), récompensée du Fauve d’or, au festival d’Angoulême, en 2019.


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